Mardi 10 novembre 2009
Enfin un petit moment pour écrire ce CR sur le grand raid de la réunion...Tout d'abord, je voulais remercier l'association AIL Rousset et le trail de sainte victoire, c'est à cause, ou plutôt grâce a eux que je me suis lancé sur cette course.
Pour notre deuxième visite sur l'île cette année, nous avons fait le déplacement en famille, c'est avant tout les vacances avec une grosse ballade au milieu des deux semaines. Nous avons reconnu avec les filles sur deux jours le col du taibit mais ce sera la seule rando d'avant course, une partie du terrain a été repérée pendant le raid Reunion d'Aventure en mai mais la plus grosse partie est inconnue et c'est peut être mieux ainsi.
L'ambiance avant course est spéciale sur l'ile, toute la presse est axée sur la diago, pour ma part je passe également une bonne partie du mardi avant course aux interviews, c'est un petit sacrifice que l'on peut faire pour les partenaires qui nous font confiance pendant l'année.
Mercredi c'est déjà l'heure d'aller récupérer les dossards, je retrouve sur place Guillaume Seb et Thierry, notre équipe de Compressport. Nous croisons aussi Nico Darmaillacq, Erik Clavery et le reste du team asics qui reviennent de la reco de la dernière descente, puis ce sera retour sur la plage pour planter la tente. Une bonne nuit même si c'est celle d'avant course. J'ai décidé de me rendre assez tôt au départ, ce qui n'est pas mon habitude, pour remonter la tente sur place, manger les pâtes et dormir jusqu'a 22h30. On monte la tente Quechua 4.2 sous la pluie, fait cuire les pâtes et je m'allonge pour somnoler jusqu'à 22h30. Quand je me lève et enlève mes bouchons d'oreille, je vois que Guillaume et Julia nous ont rejoint et se reposent dans le "salon" de la tente. Nous préparons les affaires dans la tente petit coupe vente, habit de pluie nous sommes indécis, à 23h15 il pleut toujours mais il faut quand même replier la tente !
Je fais le choix de l'habit de pluie étanche. Nous partons pour le contrôle des sacs et pour le sas d'entrée sur la zone de départ, nous tentons de nous frayer un chemin jusqu'à la ligne de départ. L'organisateur nous appelle dans un sas spécial pour quelques dernières petites interviews avant le départ, puis le départ est donné. 2kms de bitume, je m'attendais à un départ plus rapide d'après ce qu'on m'avait dit. Jusque là j'essaye d'éviter les flaques mais quand on bifurque sur la piste, c'est quasiment un ruisseau. Les pieds sont mouillés dès le début de course donc tant pis on changera de chaussures au V
olcan. Sans avoir préméditer la course, nous nous retrouvons toute l'équipe Compressport dans le même rythme et nous arrivons
groupés au premier pointage. Nous devons être dans les 25-30 environ. Lorsque nous attaquons le single technique du volcan, Seb est un peu devant, je suis avec Guillaume et Thierry doit être un peu
derrière. Je fournis un petit effort pour rejoindre Seb un peu devant, Guillaume n'accroche pas et je ne le reverrai pas avant l'arrivée. Lorsque je suis au niveau de Seb, je coupe l'effort et nous
discutons un peu pendant la montée, nous rejoingnons François Dahene avec qui nous monterons jusqu'au volcan. Francois veut prendre une pause pour manger une soupe au volcan pour pas terminer en
marchant comme il l'avait fait au Manikou deux ans avant. Visiblement ca a paye et il a bien appris a se connaître en terminant a cette belle 5ème place.Au volcan, je retrouve céline qui me fait l'assistance, les premiers sont passés 10-15 minutes avant. La course est longue et le but est d'arriver au bout. Je change mes chaussures car mes Quechua sont mouillées, n'ayant plus qu'une paire de Quechua, j'essaye en course les chaussures de Nico Mermoud, chaussures que j'avais testées pendant un we avant. C'est un risque mais ca me permet de faire aussi un bon test en condition de course. C'est un concept innovant et intéressant. Bref après ce changement je repars seul, Seb prend un peu plus de temps mais me rattrape assez rapidement. On discute pas mal avec Seb qui m'apprend beaucoup sur la gestion des courses longues. Au piton Textor, je croise a nouveau Céline, ce qui n'était pas prévu. Un peu après, le jour se lève, nous sommes dans les prairies, un paysage assez surprenant pour la réunion qui est souvent rocailleux. Avant Mare a bout, j'ai un peu de mal a suivre Seb sur le plat, au ravito, je prend une petite soupe et repars assez rapidement. Seb prend a nouveau plus de temps mais me rejoint rapidement, il semble bien en forme et revient toujours vite sur moi. Je lui propose plusieurs fois de partir devant en lui disant que c'est mieux pour l'équipe et qu'en plus il a les capacités pour gagner, mais il me répète toujours que la course est longue. La partie suivante, je l'avais faite en raid mais dans l'autre sens, ca passe un peu plus vite qu'en raid mais c'est assez long quand même avec un terrain un peu valonné. Peu avant de rejoindre le bord du rempart de Cilaos, nous doublons Didier Mussard qui à prior
i s'est blessé au genou, un peu plus loin nous rejoignons Nico Mermoud qui a des problèmes gastriques. A la montée, j'ai un peu
des soucis de confort avec mes chaussures, je ne les ai pas assez essayées et formées avant. Arrivée au refuge du piton des neiges, on nous annonce 7 et 8. Je me demande si je suis pas parti un peu
vite à suivre Seb. Pendant la descente sur Cilaos, je passe devant mais je m'étais dit que je ferai la descente vraiment tranquille donc c'est à petite vitesse que nous descendons. Dans la
descente, je ressens un réel gain avec les chaussures, le confort dû à l'amortissement est très appréciable. En milieu de descente, nous doublons Esparon qui a déjà gagné le grand raid, il a aussi
un problème de genou. Je croise également un ancien collègue de boulot qui est en rando, on arrive au bloc ou céline m'attend. Je ne me ravitaille pas ici mais je le ferai à Cilaos, je me
demande si je change ou pas de chaussure car à la descente je suis bien. Au stade de Cilaos, je joue la sécurité, je change mes chaussures pour reprendre mes Quechua avec lesquelles j'ai plus de
recul. Je recharge en gels GO2, je passe au stand restauration pour manger des pâtes et une cuisse de poulet rôtie, puis je repasse voir Seb pour lui dire que je commence à y aller.Je repars tranquillement sur la descente sur bras rouge. Seb me rattrape à nouveau. Nous attaquons la remontée de deux bras et visiblement la descente tranquille paye maintenant, nous repartons à un bon rythme, nous levons même un peu le pieds quand nous voyons que nous sommes à presque 1100m/h, le col du taibit est long, et le reste de
course aussi.Depuis le début de course, Seb me dit qu'au moins 50% des coureurs devant vont bâcher ou se relacher, ce qui nous placerait pas loin du podium, mais pour ca il faut arriver. Nous rattrapons Eddy Myrtal, puis à la route avant d'attaquer le taibit, il y a à nouveau Céline avec les filles pour un dernier bisous avant Dos d'Ane vers le kms 120, en espérant y arriver... Nous sommes au 75ème kms, et juste devant nous il y a Nico Darmaillaq un coureur expérimenté sur le long qui semble en mauvaise passe, une personne l'encourage pendant un moment, son beau frère à priori, mais son encouragement est agressif et au bout d'un moment je crois qu'il l'envoie balader heureusement car sinon ça allait être moi qui allais le faire !! C'est peut être ce qui faut à Nico mais ça m'a un peu énervé. Ça semble quand même marcher car Nico s'accroche tant bien que mal. Je donne le rythme, puis Seb et Nico suivent, la montée sera très calme, presque pas de discussions, tout le monde doit être un peu dans le dur. Au sommet du taibit, Seb me dit qu'il s'arrête. Je percute pas tout de suite, je pensais qu'il voulait prendre plus de temps au ravito, non il a mal au releveur et ne veut pas continuer. Nous descendons jusqu'à Marla et je lui demande s'il continue ou pas, mais
non visiblement non. Un bon coup au moral, mais je repars seul en lui disant d'encourager les deux autres coéquipiers de Compressport, on a plus de joker pour classer
l'équipe !! Nico va repartir mais veut prendre un peu de temps. Bon je me re-motive en me disant que je suis 5ème si je peux terminer à cette place c'est bien mais je veux terminer avant tout, je
me fais un petit bilan physique, tout est Ok, pas de crampes pas de douleurs musculaires, ni articulaires même si on sent que les genoux sont mis à rude épreuve, pas de douleurs gastriques, tout va
bien, je me motive pour reprendre un peu de vitesse sans s'affoller, on est a 80 kms, il en reste encore presque 70 !!!Je retrouve un chemin valloné que je connais et j'arrive en vu de Roche Plate. Pendant la descente, je double Freddy Thevenin qui marche, il s'est blessé au genou aussi ca semble être le gros mal de la réunion et c'est bien ce que je ressens aussi mais sans douleur particulière. Bref au niveau moral, ça fait du bien même si c'est au dépend des autres. 4ème, même si je suis seul, je ne ressens pas la solitude comme j'ai pu le ressentir, il y a toujours des réunionnais pour nous encourager mais aussi de magnifique paysage à contempler même si la technicité des chemins demande une attention de tous les instants. Dans la descente suivante, pareil, je gère mes quadri et m'affole pas mais, même à ce rythme, je reviens sur un coureur, je l'aperçois de temps en temps. En bas de la descente et à l'attaque de la montée suivante j'ai fait la jonction, je vois que c'est Erik, il crie un truc du genre "Non fait chier" en m'apercevant, je lui lance "quoi ma compagnie te convient pas " et on rigole ensemble, il me laisse passer mais ne s'accroche pas du tout, visiblement il a un coup de moins bien. Dans la montée de grand fond, je le vois pas bien loin il a repris du poil de la bête, moi sans être mal, j'accuse un peu le coup et je repense à un article que j'ai lu décrivant cette montée "c'est pas si dur que ça, en 25min c'est réglé" j'ai retrouvé cet article après, c'est Elysée Boyer qui l'a écrit. Je le maudit un peu à ce moment, je
m'accroche à cette 3ème place inespérée mais on vient juste de passer les 100kms alors il y a encore le temps. Dans la descente sur grand place, je double une personne et lorsque je me
retourne je vois un dossard, c'est Richard Techer, il marche dans la descente et ne semble pas au mieux. A Grand place, je me ravitaille, un ou deux coca et je repars, Richard arrive et je
l'encourage un peu. De grand place à Aurère c'est un terrain valloné, je sais qu'un coureur est pas loin à moins de 1 min, je l'entends aux encouragement qu'il recoit, je me dit que ce doit être
Erik, c'est le coureur qui semblait le plus en forme de ceux que j'ai doublé, à moins que ce soit Nico ou encore Antoine Guillon qui revient de plus loin.Quand j'arrive à Aurère, je prends un peu de temps, mange une petite soupe et lorsque je repars je croise Erik, je l'encourage et continue mon chemin. Sur le faux plat montant, un nouveau check-up, tout va bien, je me décide à attaquer un peu dans la descente sur deux bras, on est à 35kms de l'arrivée et je me sens encore bien, sauf incident je vais le terminer ce raid. Maintenant, si je peux conserver cette 2ème place c'est le top. Je suis un peu fatigué à deux bras je m'assois un moment, prend deux coca et regarde la suite des festivités sur le raid book, 1000m+. Bon je me motive à bloc et je me dis que je monte pas à moins de 900m/h. Le début de la montée est assez raide, ca va pas mal, puis après, c'est assez vallonné, j'ai l'impression de toujours descendre, alors qu'il faut bien le passer ce dos d'ane... Sur le milieu de la montée, je mets ma petite lampe à la taille et la grosse sur la tête mais éteinte. Des réunionnais m'accompagnent sans lampe derrière, j'en profite pour leur demander si c'est bientôt la fin, le log de mon alti s'est arrété à 4600m donc ca fait un moment et je ne l'ai pas relancé, avec ces montées descentes, l'altitude non calibrée ne me sert à rien, je ne sais pas ou j'en suis de ces 1000m. Bon il vaut mieux pas savoir, j'arrive à dos d'ane, il y a un mini ravitaillement, je prends
surtout des gels et je repars en m'éfforcant de courir sur cette partie de route. En fait, il ne devait pas y avoir 1000m, j'ai mal du voir sur le raid book, c'est plutôt bien
passé. Arrivé au stade, il me reste le piton batard qui semble être la fin des montées. A l'attaque du piton, il y a des enfants qui m'encouragent et me disent que le sommet est à 15 minutes mais
qu'il faut faire attention car il n' y a pas de main courante.... Bref je connais pas, on verra, effectivement 15min après, je suis à un embranchement ou il est indiqué plaine des affouches, bon
cool plus de montée alors, mais apres quelques metres de plat ca monte à, nouveau pendant un bon moment encore au moins 15-20 minutes, je ne sais plus exactement, il fait bien nuit et un peu
de brouillard, j'alterne entre éclairage faible et fort pour essayer de trouver la meilleur visibilité. De nuit, on ne se rend pas compte de l'arrete que cela doit être, on sent juste le vent
remonter un peu des cotés. Enfin au sommet du piton, on m'annonce que Julien est déjà passé au poste suivant, de toute facon mon objectif maintenant est de conserver cette place et pas
d'aller chercher mieux, Julien avait plus d'une heure d'avance à dos d'ane. Jusqu'au kiosque d'Affouches, le terrain est assez roulant avec un chemin souvent en terre, il y a beaucoup de petites
montées bien casse pattes. J'arrive au kiosque des Affouches, je me renseigne sur la fin du parcours, on me dit 8kms de piste pour aller à Colorado puis 5kms de descente sur la redoute, je me dis
que ca sent bon la fin, je vais la terminer cette course avec une bonne chance de podium. Remonté, sentant la fin proche je me dis que c'est le moment de tout donner, il n'y a plus a s'economiser,
il faut donner ce qui reste, je relance au maxi sur cette piste, je me fixe 35 minutes pour faire ces 8kms de piste, j'estime ma vitesse bonne à vu d'oeil 14-15 kms en faux plat descendant, je ne
sais pas si je vais tenir 35 min mais bon on verra. Pas besoin de savoir en fait si j'avais pu tenir plus longtemps ce rythme, car après 3kms, on passe sur un petit chemin. A la place d'une piste
forestière en descente, ce sera une serie de petites descentes et petites montées sur des singles, interminable, surement agréable quand on a pas hate de terminer. Après au moins une heure depuis
le kiosque j'arrive en vu de colorado. C'est la partie qui aura été la plus dure psychologiquement, surtout car je ne m'attendais pas à ces montées. Bon au colorado, cette fois, il ne reste que la
descente, je prends la température pour
savoir à combien c'est derrière, un caméraman me dit qu'ils ne sont pas loin, à moins de 5 minutes !! Bon je suis
assez surpris quand même, je ne pense pas avoir trainé sur la fin de parcours, je m'engage sur le chemin vers la redoute en donnant une interview pour la radio locale, le but étant de terminer la
course sans se blesser et si possible de conserver cette place. J'attaque au maximum dans cette descente, le début est roulant puis très vite ca devient technique, voir dangereux en fin de course
avec la fatigue, après 2-3 chutes, je me calme, ce serait bête de se blesser maintenant. Je me retourne fréquemment pour voir s'il y a des frontales derrière, je ne vois rien. Ca sent bon
l'arrivée!!! Enfin, je vois l'éclairage du stade, ca y est je vais arriver au bout de cette course, il reste 100m de descente. Arrivé près du stade, il ne reste plus que du bitume, plus de risque,
une petite larme d'émotion avant l'entrée dans le stade puis c'est la fin, mes filles m'attendent avec ma femme, je les prends dans les bras pour terminer. Je félicite Julien rapidement puis c'est
les interviews, réponses aux questions du speaker...etc et la c'est le drame :o) Je m'alimente correctement pendant la course mais là, passer 20-25 minutes à parler et stopper l'effort d'un coup,
je suis en hypoglycémie, mes muscles sont contractés et ne me supportent plus.Bref, c'est la deuxième fois que je commet l'erreur d'alimentation d'après course... pourtant je n'ai eu aucun souci pendant la course je n'ai jamais eu de gros coup de mou, j'ai bien géré mes gels avec un gel GO2 toutes les 30 à 45 minutes environ, pas de crampes -> est ce une bonne alimentation, hydratation, ou alors est ce l'equipement Compressport, probablement la bonne combinaison des deux. Je passe un moment à la case croix rouge, je raterais donc l'arrivée d'Antoine et d'Erik, puis on prend la route pour saint gilles.
Apres une bonne nuit dans une chambre gentillement prétée par Stephane Legoff de Canal+(c'est vrai que cette nuit d'après course nous avions pas trop le gout de monter la tente), nous sommes retournés au stade pour voir Guillaume, ils ont terminé ensemble avec Thierry pour l'équipe !! Terminé pas au mieux mais terminé quand même, ce qui classe l'équipe 3ème.
La question que l'on m'a le plus posée, c'est pas trop déçu ?
Evidemment je termine deuxième, on peut voir ca comme un echec mais mes objectifs d'avant course étaient clairs : terminer cette course et le deuxième objectif plus ambitieux : faire si possible moins de 24h. Les deux sont remplis avec en prime un podium. On peut toujours avoir des regrets, et si j'avais passé moins de temps au ravitos, si j'avais accroché le groupe de tête sur le début, si j'avais donné un peu plus en descente..etc eh bien peut être que je n'aurais pas terminé.
Merci à tous les réunionnais pour les encouragements, la ge-guerre réunionnais métro existe surtout dans la presse et ne se ressent pas sur le terrain.
Ensuite, j'avais entendu des critiques sur la triche à la réunion, mais d'après cette expérience, soit c'est infondé, soit l'organisation a amélioré le controle et les orienteurs, je ne vois pas trop avec le nombre de check point ou on pourrait tricher.
Enfin je veux passer aux remerciements, d'abord pour ma femme qui m'a fait l'assitance, ce qui n'est pas sans difficultés, ni de tout repos et pour son soutien,à mes filles pour leurs encouragements mais aussi aux partenaires qui me font confiance, à savoir, Compressport, Go2, Quechua et Valloire.
Merci a c du JIR ( journal de l'ile de la réunion) pour certaines des photos de cet article.
Pour terminer, un petit coup de gueule contre notre loueur de voiture Faure Location, qui n'avait pas entretenu correctement la voiture (Freins HS -> rouler au frein à main jusqu'à un garage à sa demande) , ce qui nous a fait perdre un jour et couté une nuit d'hotel à Saint Pierre. Le jour de location a bien été remboursé mais pas l'hotel. A déconseiler donc !!!
Voilà j'en ai terminé, si vous arrivez à ce stade vous savez aussi ce que le mot endurance veut dire
Prochaine course, peut être la Sainté Lyon, à voir, même si j'avais dit que l'année dernière c'était la première et la dernière...
Le trail des aiguilles rouges est un peu la sortie Quechua, c'est une course
particulière car en plus des chaskis, beaucoup de personnes travaillant pour Quechua sont venues participer, chacune d'entre elle ayant un "coach" chaskis.
Guillaume pensait que Vincent était devant, il pleut un peu. Après le ravito Guillaume donne le rythme, dawa est juste derrière et il est sur la retenu, quand
il passe devant pour finir le col le rythme s'accélère un peu. Guillaume décroche un peu juste avant le col, mais revient vite sur la descente. Une descente bien roulante, il fait grand jour
maintenant et la pluie a cessée. Il y a de bonnes portionsvallonnées pour aller au prochain ravito et Dawa imprime un gros rythme pour un début de course. Guillaume décroche sur ces portions
roulantes. Pour ma part j'ai de bonnes sensation, je cours avec les Quad de Compressport pour la première fois et je me sens bien. Nous arrivons au refuge avec Dawa, le temps de refaire le
plein d'eau et je vois Guillauem qui arrive pas loin personne d'autre en vu, je repars seul, je sais que Dawa va me rattraper en descente, il mange des pâtes et prend plus de temps pour se
ravitaillé. En bas de la descente, dawa est revenu a quelques mètres et nous attaquons la montée du brévent en alternant course et marche. Nous croisons Martine Templier au sommet alors que
le mont blanc est face a nous mais un peu dans les nuages. Puis nous arrivons ensemble au Brévent. A nouveau plein d'eau et j'attaque la descente puis dawa passe devant et je peu admirer sa
facilité dans les descentes, j'ai pas trop de mal à suivre mais je ne suis pas si à l'aise.
remettre de la descente. Dawa me rattrape lorsque l'on passe au dessus de la route, et on attaque une bonne montée bien raide. Dawa attaque en courant alors je lui dit d'y aller, il me dit
"aller ou ?". On reste donc ensemble et il me dit on va finir tout les trois, je ne comprends pas, il me mon montre le brassard deseverine . Le reste se passe assez bien, avec des montées sont plus
longues que ce que je pensais mais on arrive enfin en vue de l'arrivée, plus qu'un petit tour autour du lac.Dawa me tend un bout du brassard avec la photo de Severine et il tient l'autre. Je
récupère ma fille 1ere fille au passage et nous terminons ensemble cette course.
Ah la CCC, je ne pensais vraiment pas la faire il y a un mois, principalement à
cause de notre fête de famille. Je me serai inscris sur l'UTMB de toute façon si je n'avais pas eu cette fête... La CCC ne représente pas un défi pour moi je savais que j'étais capable de la finir
alors que l'UTMB je ne sais toujours pas. Ça reste quand même une course et elle n'est pas terminée tant que la ligne n'est pas franchie, ce qui aurait très bien pu être le cas à quelques kms de
l'arrivée....
sur
Lucas, un bon coureur, surtout en montée On arrive au refuge Bonati ensemble, nous sommes 5ème, dans les petites relances, il est beaucoup mieux et je le laisse passer, on revient sur Guillaume
avec qui on arrive à Arnuva. Je repars avec Guillaume au grand col ferret, mais très vite en marche rapide Guillaume ne suit pas je l'encourage un peu mais il décroche. La montée est longue, je ne
suis pas au mieux, je ne sais pas pourquoi j'ai pas un rythme élevé. Lucas reviens, on passe le col presque ensemble, mais je ne sais pas ce qu'il a fait au col, il prend du retard lors de la
bascule et je suis seul dans la descente, pour arrivée sur la fouly, il y a des petites relances mais j'ai plus de jambes, dès que ça monte de 2m je dois marché, mes cuisses brûlent et j'ai beau
poussé ça avance pas ! J'ai pas trop le moral, je me dis que je suis allé trop vite en début de parcours et je suis grillé. C'est ce que je dis à Seb Talloti et Céline qui m'attendent à la Fouly.
J'ai déjà songé à l'abandon.... A la Fouly, je vois Thomas qui abandonne là, je vais le saluer et repars pour une partie roulante, bon j'apprécie pas vraiment il y a des parties sympa mais aussi de
grosses pistes, je recroise Céline et les parents de Guiallame qui m'encourage un peu plus loin avant l'attaque de la montée de champex, c'est une montée en single que je marche mais j'ai hâte
d'être au ravito. on m'annonce 3ème, Jean yves a 35minutes, Le Grec à 15 minutes. Derrière je ne sais pas, cette troisième place est inespérée et très bien, je vais m'efforcer de la garder.
Jusqu'au pied de Bovine, je m'efforce de courir mais encore une fois c'est un peu longuet. Dans la montée de Bovine ça va mieux, je m'aide des bâtons et les jambes répondent mieux, je trottine sur
la fin de montée l'idée d'abandonner me quitte et je pense bien terminer. J'ai regardé ma montre, la montée n'a pas été trop rapide, je me souviens d'un récit de Julien Chorier de l'UTMB 2008 ou
dans cette montée il était à plus de 1000m/h, je suis a peine à 840.... ouais je suis pas prêt pour le long. Descente sans souci, je croise encore Céline sur la route avant Trient, puis au ravito
de Trient. Je refais le plein d'eau et de gels, puis repars. Un homme cours avec moi jusqu'au petit chemin, on discute et il me dit qu'il a couru avec les deux premier sur cette parti et que
Guillaume est pas loin derrière, Parfait, je me dis que si il revient encore a Vallorcine on pourra finir ensemble. LA montée suivante se passe bien aussi, toujours dans le même rythme environ
850m/h, toujours pas dans le rythme de Julien... Dans la descente sur Vallorcine, je rejoins un chemin que j'ai pris pour le Raid Millet en 2008. J'arrive à Vallorciene avec beaucoup
d'encouragement, a nouveau ravitaillement et je demande à Céline ouen est Guillaume il me dit vers la 15ème place !!! Ahhhrg sûrement une fausse info de l'homme qui courait avec moi ! Bon je croise
une connaissance à Vallorcine qui me dit qu'il sera au Col des montets, je lui demande de me donner les écart avec derrière, devant c'est à plus de 25minutes et 1h pour Jean Yves ! Les jambes
répondent bien et je peu trottiner jusqu'au col de montets, mon collègue (j'ai mangé le nom désolé) me dit 7min30, c'est une Italien. ah je lui dit ca va pas le faire je suis cuit, dès
le début du petit chemin je n'ai qu'une idée, c'est garder l'écart dans la montée. Mon collègue Klaxonne
quand l'Italien est au col, j'ai repris 30s-1min depuis Vallorcine. L'Italien a déjà allumé sa lampe et je le vois en dessous, je décide de ne pas montrer ma position et je
n'allume pas ma lampe, voir sans être vu, un peu de strategie ! Je n'aurais surement pas agit de la même manière avec une connaissance ou avec quelqu'un avec qui j'aurais couru une grosse partie de
la course mais je ne connais pas cet Italien (il m'a contacté par e-mail depuis et il semble très cool et sympa, comme bon nombre de trailleurs). A 21h02 dans la nuit noire je ne vois pas la lampe
de Danièle (Danièle Gaido c'est son nom) et je me décide à allumer ma lampe, je me suis efforcé de tenir le rythme le plus élevé que je pouvais je monte à un peu plus de 950m/h mais je suis
toujours pas au niveau de Julien qui avait plus de 140kms dans les pattes. Le chemin est technique, et la montée s'aplatit mais avec beaucoup de cailloux le chemin est long pour arriver au
contrôle. Au contrôle je croise Benoit Laval, je le croyais sur l'UTMB mais il se concentre sur le TTN, un peu d'encouragement et je repars, je lui demande si il voit des lampes mais non rien.
Depuis environ 30 minutes, il y a le brouillard et la progression est difficile, avec la lampe ça fait un écran si on baisse le niveau d'éclairage on ne voit plus les balises briller et le chemin
est parfois dur à trouver. Je m'efforce de courir mais c'est un peu dangereux. Une dernière petite bosse et plus que de la descente, le brouillards s'estompe et je lâche les chevaux, je donne ce
qui me reste dans la descente, j'ai eu des crampes en fin de montée mais pour le moment je suis épargné, puis on quitte la grande piste pour un petit chemin qui surplombe Cham, il y a racine et
cailloux, ma lampe est un peu limite, pourtant les piles sont bonne mais je pense que la led a perdu son efficacité depuis 5 ans. Je suis limite physiquement mais je relance a chaque virage,
évidement les crampes reviennent je continue en essayant de me détendre, elles passent. Je sens l'écurie et je suis survolté. environ 3 kms avant l'arrivée je chute, je m'arrête sur des cailloux,
je n'ose pas bougé sur le coup, puis je me relève doucement, ca va j'ai mal au coude et au tibia mais rien de grave ça m'a calmé quand même et j'attendrai d'être en chemin plus favorable pour
reprendre un bon rythme. Un Pied sur le goudron plus que 1à2 kms et c'est l'arrivée, je me retourne souvent, je suis satisfait de ma descente et je me dis qu'on ne peut pas me reprendre 7 minutes
sur cette descente mais bon je sais pas combien j'avais d'avance au sommet. L'arrivée dans Cham est un mélange de souffrance et douleur, en tout cas plein d'émotion, je verse ma petite larme un peu
avant l'arrivée, Céline m'attend pour faire les derniers mètre ensemble. Ça y est c'est fini, Catherine Poletti me fait la bise et me remet la polaire de finisher, elle demande à ma femme de
s'écarter un peu aussi, c'est dommage c'est aussi avec ma famille que je veux profiter de ce moment. Voilà c'est fait, à une place qui me satisfait pleinement, c'est vrai que je profite d'une
défaillance ou blessure de Thomas mais c'est ça la course aussi. Jean Yves me met
presque une heure, à la patrouille, même si on a pas couru le même jour c'était plus d'1h30, donc ca me surprend pas.
Le trail du galibier, une course qui me tenait particulièrement à coeur car
c'est sur Valloire. La station Village ou j'ai grandi, qui est aussi un de mes partenaires !
